WIPO Re:Search : 150 partenariats établis dans le cadre de la lutte contre les maladies tropicales négligées, le paludisme et la tuberculose, un chiffre en constante augmentation

2 septembre 2019

WIPO Re:Search vient de dépasser le cap des 150 partenariats en matière de recherche dans le cadre de la lutte contre les maladies tropicales négligées, le paludisme et la tuberculose, ce qui marque une étape importante pour le consortium qui a pour objectif d’améliorer la santé dans le monde grâce au partage d’éléments protégés par la propriété intellectuelle et d’autres connaissances spécialisées.

Ce consortium public-privé, créé en 2011 par l’OMPI et BIO Ventures for Global Health (BVGH), une organisation mondiale à but non lucratif dans le domaine de la santé établie aux États-Unis d’Amérique, compte actuellement 141 membres dans 41 pays. Le consortium WIPO Re:Search favorise la mise au point de nouveaux médicaments et technologies dans la lutte contre les maladies tropicales négligées, le paludisme et la tuberculose. Grâce à des partenariats de recherche innovants, il met la propriété intellectuelle à la disposition des chercheurs qui en ont besoin. Parmi ses membres figurent des sociétés pharmaceutiques, des universités, des centres de recherche et d’autres organismes qui possèdent des actifs de propriété intellectuelle et des compétences avérées. Dans le cadre des collaborations de WIPO Re:Search, les scientifiques peuvent obtenir des actifs de propriété intellectuelle (par exemple, des composés moléculaires), des données, des savoir-faire et d’autres ressources, ce qui leur permet d’économiser le temps et l’argent nécessaires à la mise au point de nouveaux médicaments et technologies pour lutter contre les maladies ciblées.

Plusieurs partenariats établis dans le cadre du WIPO Re:Search ayant permis d’obtenir des avancées significatives sont présentés ci-après, d’autres étant mis en relief dans la récente publication “WIPO Re:Search: Advancing science for neglected tropical diseases, malaria and tuberculosis” (“WIPO Re:Search : Faire progresser la science contre les maladies tropicales négligées, le paludisme et la tuberculose”).

Utilisation contre le neuropaludisme du médicament Atopaxar initialement destiné au traitement des maladies cardiaques

Eisai (Japon) + Liverpool School of Tropical Medicine (Royaume-Uni) (Depuis 2014)

Le professeur Alister Craig et ses collègues du Liverpool School of Tropical Medicine travaillaient à l’élaboration d’un médicament destiné à prévenir l’enflure du cerveau chez les enfants atteints de neuropaludisme, une maladie causée par le parasite P. falciparum qui perturbe le processus de coagulation sanguine.

À l’autre bout du monde, les experts de la grande entreprise pharmaceutique japonaise Eisai ont investi dans la mise au point de l’Atopaxar, l’inhibiteur de protéines dont l’équipe du professeur Craig avait besoin pour faire avancer ses recherches.

Grâce à un partenariat dans le cadre du WIPO Re:Search, le professeur Craig s’est rapproché d’Eisai et a pu avoir accès à ces composés.

Photo de Makoto Asada, Eisai

Pour Eisai, cette collaboration a été une excellente occasion d’utiliser à d’autres fins les actifs de propriété intellectuelle dans lesquels nous avions tant investi et de trouver une deuxième indication thérapeutique susceptible de profiter à un grand nombre de personnes – surtout en ce qui concerne le paludisme, qui touche tant de personnes dans le monde.

Makoto Asada, Eisai

Criblage de la bibliothèque Jump-stARter afin de recenser des composés contre la tuberculose et le paludisme

JOHNSON & JOHNSON (États-Unis d’Amérique) + UNIVERSITÉ WASHINGTON DE SAINT-LOUIS (États-Unis d’Amérique) (Depuis 2017)
JOHNSON & JOHNSON (États-Unis d’Amérique) + WALTER AND ELIZA HALL INSTITUTE (Australie) (Depuis 2016)

Comme toutes les entreprises pharmaceutiques, Johnson & Johnson possède une vaste collection de composés. Récemment, elle a créé la bibliothèque Jump-stARter – une collection de 80 000 composés sélectionnés – conçue pour fournir des points de départ de nouvelles cibles et de nouveaux traitements.

Grâce au WIPO Re:Search, des chercheurs comme Christina Stallings, de l’Université Washington de Saint-Louis, qui travaille sur la tuberculose, et Alan Cowman, de la Walter and Eliza Hall Institute of Medical Research, qui travaille sur le paludisme, ont pu avoir accès aux bibliothèques et à l’expertise de Johnson & Johnson, ce qui a permis d’accélérer le processus de mise au point de nouveaux traitements – un système où tout le monde est gagnant.

Photo de Christina Stallings, Université de Washington

Nous avions besoin d’avoir accès à de bonnes bibliothèques, parce que l’expérience nous a démontré que beaucoup de bibliothèques d’établissements d’enseignement sont moins diversifiées et sont souvent restées stockées au congélateur. Nous avons eu quelques problèmes pour valider les résultats positifs obtenus à partir de ce genre de bibliothèques. Nous voulions donc quelque chose de bien.

Nous sommes devenus membres du WIPO Re:Search et avons fait part de notre intérêt pour le Jump-StARter, et nous avons été acceptés, ce qui était très encourageant.

Christina Stallings, Université Washington de Saint-Louis

Criblage d’extraits de produits naturels contre la tuberculose

Institut de recherche sur les maladies infectieuses (États-Unis d’Amérique) + National institutes of health (États-Unis d’Amérique) + Université de la Colombie-britannique (Canada) (Depuis 2013)

Le WIPO :ReSearch a mis en rapport une équipe de l’Institut de recherche sur les maladies infectieuses (IDRI) de Seattle (Washington), qui se consacre à la mise au point de nouveaux médicaments contre la tuberculose résistante aux médicaments, avec la Direction des produits naturels des National Institutes of Health des États-Unis d’Amérique, qui gère et partage avec des chercheurs du monde entier de vastes dépôts de produits naturels.

Le criblage initial des extraits de produits issus des NIH ayant donné à maintes reprises des résultats positifs, le WIPO Re:Search a ensuite mis l’équipe de l’IDRI en rapport avec un chimiste de l’Université de la Colombie-Britannique spécialisé dans les produits naturels, qui a contribué à résoudre les structures chimiques de ces nouveaux composés complexes.

Photo, Institut de recherche sur les maladies infectieuses
Institut de recherche sur les maladies infectieuses

Des collaborations de ce type nécessitent une riche bibliothèque d’extraits de produits naturels, tels que ceux dont nous disposons ici à l’Université de la Colombie-Britannique et… au NIH. Il est également nécessaire d’avoir à disposition des biologistes à la fine pointe de leur domaine… Nous avons donc travaillé [dans le cadre de cette collaboration] en parfaite adéquation

Raymond Andersen, UBC

Utilisation contre la schistosomiase de composés initialement destinés à la réduction du taux de cholestérol

Université de Californie, San Diego (États-Unis d’Amérique) + MERCK/MSD (États-Unis d’Amérique) (Depuis 2011)

Le professeur Conor Caffrey et son équipe du Center for Discovery and Innovation in Parasitic Diseases de l’Université de Californie à San Diego (UCSD) ont démontré qu’une enzyme clé du métabolisme du cholestérol est également essentielle à la survie des schistosomes (à l’origine de la schistosomiase, une maladie tropicale négligée), et ils ont donc commence à chercher ses inhibiteurs, dénommés statines.

Par l’intermédiaire du WIPO Re:Search, le professeur Caffrey a d’abord été mis en rapport avec une équipe de Merck & Co. qui a mis diverses statines à disposition aux fins du criblage, puis avec le Consortium de génomique structurelle qui a aidé à clarifier la structure protéique des statines.

Photo de Conor Caffrey, Université de Californie

L’un des apports les plus importants d’organisations comme l’OMPI est qu’elles augmentent la visibilité des maladies et de la recherche connexe. Cette visibilité accrue nous a ouvert d’autres possibilités et nous a permis d’accéder à de nouvelles ressources.

Conor Caffrey, Université de Californie, San Diego