Nomination de M. Francis Gurry (Australie) au poste de directeur général de l’OMPI
Genève,
22 septembre 2008
PR/2008/564
Le 22 septembre 2008, l’Assemblée générale de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) a nommé par acclamation M. Francis Gurry, ressortissant de l’Australie, au poste de directeur général de l’OMPI pour un mandat de six ans allant du 1er octobre 2008 à fin septembre 2014. Les États membres dans leur ensemble ont félicité M. Gurry pour sa nomination et souligné sa riche expérience dans le domaine de la propriété intellectuelle et le professionnalisme qu’il apportait à ce poste.
Dans le discours qu’il a prononcé à l’occasion de sa nomination, M. Gurry a souligné ses priorités pour l’avenir et son engagement en faveur de la réorientation stratégique de l’Organisation. Il a évoqué en particulier la nécessité d’apporter une réponse efficace à l’accroissement de la demande de services en matière de brevets dans le monde entier ainsi que de réfléchir à l’avenir du droit d’auteur dans un environnement commercial et technologique qui évolue rapidement. Il a également mentionné l’enjeu que représentait la promotion du respect des droits de propriété intellectuelle compte tenu de la généralisation du commerce de produits contrefaits et piratés et le rôle de l’OMPI dans ce domaine. M. Gurry s’est engagé à renforcer les travaux au titre du Plan d’action pour le développement pour s’assurer que tous les pays seraient en mesure de retirer les avantages de l’innovation et de participer activement à l’économie du savoir. Le directeur général élu a également appelé de ses vœux des “résultats concrets” pour les négociations relatives à la protection des savoirs traditionnels et des expressions culturelles traditionnelles.
M. Gurry a remercié les États membres de leur confiance et a fait part de sa gratitude au président de l’Assemblée générale de l’OMPI, M. Martin I. Uhomoibhi (Nigéria), à Mme Hilde Skorpen (Norvège), présidente du Comité de coordination de l’OMPI, au Gouvernement australien et à tous ceux qui lui avaient fait part de leurs conseils ces derniers mois. M. Gurry a également rendu hommage aux précédents directeurs généraux de l’OMPI et salué leur contribution collective à la “construction de l’Organisation telle que nous la connaissons aujourd’hui”. “Je remercie particulièrement, au nom du personnel, M. Kamil Idris, pour ses 25 années de service à l’OMPI… et pour son rôle à la tête de l’Organisation durant ses deux mandats de directeur général”, a‑t-il déclaré. “Je m’associe au président de l’Assemblée générale pour saluer les réalisations de M. Idris et les initiatives prises pendant ses mandats, qui ont élargi la portée de la propriété intellectuelle et diversifié la participation à cette Organisation”.
S’agissant des travaux futurs, M. Gurry a dit qu’il prendrait un certain nombre d’initiatives pour veiller à ce que l’OMPI et le système international de la propriété intellectuelle contribuent à promouvoir l’innovation et la créativité, confrontées à de nombreux défis.
M. Gurry a évoqué trois grands facteurs affectant l’institution de la propriété intellectuelle, qui “risquent de l’empêcher de remplir sa mission première, celle de stimuler l’innovation et la créativité et de contribuer à l’instauration de l’ordre sur le marché” et a déclaré que “l’OMPI doit anticiper les incidences des ces phénomènes et s’y attaquer directement”. En premier lieu, il a mentionné la charge de travail pesant sur de nombreux offices de brevets en raison d’une tendance soutenue à exploiter la valeur économique de l’innovation au moyen de l’acquisition de droits de propriété. Il a déclaré que “la conséquence concrète de cette tendance est que le système devient victime de son propre succès”, les offices de brevets “étant submergés par la demande et luttant pour adapter leurs délais de traitement aux besoins de l’économie”. M. Gurry a indiqué que le problème était “d’une importance et d’une urgence telles qu’une solution sera trouvée”. Soulignant sa préférence pour une solution multilatérale, M. Gurry a dit que “ le traité de coopération en matière de brevets (PCT) est, plus que tout autre instrument actuellement envisagé, le meilleur point de départ pour élaborer une solution d’avenir”.
Dans le domaine des œuvres de création, M. Gurry a déclaré que “les enjeux sont encore plus cruciaux”. “Le modèle du XXe siècle de rétribution des créateurs, des interprètes et de leurs partenaires commerciaux, fondé sur la distribution de supports matériels incorporant les œuvres, est sérieusement menacé par la convergence des formes d’expression numériques et de la puissance de diffusion de l’Internet”, a‑t‑il ajouté. M. Gurry a assuré les délégués que “des solutions seront trouvées”, se disant convaincu que “l’OMPI reste l’enceinte appropriée pour mener ce débat”. Il a également souligné la nécessité de réfléchir sur le rôle que doit jouer l’OMPI dans la lutte contre les problèmes croissants liés au commerce de produits contrefaits et piratés, qui, selon certaines estimations, dépasse les 200 milliards de dollars.
M. Gurry a souligné l’importance que revêtait l’élargissement du système de la propriété intellectuelle. Il a insisté en particulier sur la question de savoir “comment la propriété intellectuelle peut contribuer à réduire l’inégalité des savoirs et permettre aux pays en développement et aux pays les moins avancés de mieux tirer parti des avantages de l’innovation et de l’économie du savoir”. “La propriété intellectuelle n’apportera pas à elle seule la solution au problème posé par l’écart entre les niveaux de développement. Toutefois, le consensus récemment dégagé au sein de l’Organisation sur la mise en œuvre d’un Plan d’action pour le développement donne à l’OMPI une occasion extraordinaire de contribuer à la recherche de cette solution”, a‑t‑il déclaré. Il a ajouté ceci : “pour que le Plan d’action pour le développement tienne toutes ses promesses, je crois qu’il est essentiel que nous traduisions le consensus politique en projets concrets et efficaces”. Enfin, il a proposé de renforcer les ressources humaines et financières allouées à la Division des PMA de l’OMPI.
M. Gurry a également évoqué la nécessité de procéder à une “analyse et une réflexion permanentes sur le meilleur moyen de mettre le système de la propriété intellectuelle au service de tous les pays, quel que soit leur niveau de développement”. Il a fait part de son intention de mieux équiper l’Organisation en matière d’instruments de recherches et de statistiques économiques. Ces données empiriques, a‑t‑il déclaré, donneraient à la direction les moyens d’identifier les futures orientations stratégiques susceptibles d’avoir une incidence sur l’Organisation.
M. Gurry a appelé de ses vœux des “résultats concrets” pour les discussions et les négociations relatives à la protection des savoirs traditionnels et expressions culturelles traditionnelles. Il a déclaré que “la mondialisation de l’économie et les progrès dans le domaine des technologies de la communication ont mis en évidence la vulnérabilité des peuples autochtones et des communautés traditionnelles face à la perte et à l’appropriation illicites des produits de leurs systèmes de savoirs traditionnels”.
M. Gurry a parlé de la nécessité de démontrer concrètement “l’utilité de la propriété intellectuelle” pour relever les défis mondiaux du changement climatique, de la désertification, des épidémies, de l’accès aux soins de santé, de la sécurité alimentaire et de la préservation de la biodiversité. Il a indiqué que l’Histoire montrait que la technique était le principal moyen utilisé pour faire face à ces menaces. “Les politiques visant à stimuler la création et la diffusion de la technologie sont donc directement liées à l’examen des moyens par lesquels la communauté mondiale peut résoudre ces problèmes”, a‑t‑il fait observer. M. Gurry a indiqué qu’il créerait à cet effet au sein du Secrétariat de l’OMPI une division chargée d’étudier spécifiquement “la contribution que peuvent apporter le système de la propriété intellectuelle et l’OMPI dans le cadre de l’action collective”.
En ce qui concerne le fonctionnement et l’efficacité du Secrétariat de l’OMPI, M. Gurry a déclaré ceci : “j’ai l’intention de lancer un processus de réorganisation stratégique complète au cours des prochaines années. Elle portera sur la culture d’entreprise au sein du Secrétariat, l’efficacité de nos procédures internes et la conformité de nos programmes, de notre structure et de nos ressources avec les objectifs stratégiques de l’Organisation”. Il a indiqué que ce processus, qui sera mis en œuvre “de façon mesurée, systématique et professionnelle et qui fera l’objet d’une communication détaillée et transparente”, supposerait “un effort collectif” et qu’il comptait sur le soutien du personnel à ce processus permanent.
M. Gurry a occupé différents postes depuis son entrée à l’OMPI, en 1985. Depuis 2003, il occupe les fonctions de vice‑directeur général chargé du Traité de coopération en matière de brevets (PCT), du droit et de la politique des brevets et de la classification internationale des brevets (CIB), des normes de l’OMPI, des statistiques de l’OMPI, du Centre d’arbitrage et de médiation de l’OMPI, des savoirs traditionnels, des expressions culturelles traditionnelles, des ressources génétiques et des sciences de la vie. De 1999 à 2003, M. Gurry a exercé les fonctions de sous‑directeur général et conseiller juridique. Avant d’entrer à l’OMPI, il a exercé la profession de juriste et occupé un certain nombre de postes universitaires. Son curriculum complet est disponible à l’adresse https://www.wipo.int/edocs/mdocs/govbody/fr/wo_ga_36/wo_ga_36_1.pdf.
M. Gurry est le quatrième directeur général de l’OMPI, succédant à M. Georg Bodenhausen (Pays‑Bas) (1970‑1973), M. Arpad Bogsch (États‑Unis d’Amérique) (1973‑1997) et M. Kamil Idris (Soudan) (1997‑2008). En sa qualité de directeur de l’OMPI, M. Gurry devient également secrétaire général de l’Union internationale pour la protection des obtentions végétales (UPOV). En vertu d’un accord de coopération entre l’OMPI et l’UPOV, organisation internationale qui encourage la création de nouvelles variétés végétales, le directeur général de l’OMPI est également secrétaire général de l’UPOV.
Pour plus de renseignements, on peut s’adresser à la Division de l’information et des medias de l’OMPI:
- Tél: (+41 22) 338 81 61 / 338 72 24
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